Le SIV a été conçu pour des personnes de 18 ans et plus ayant des troubles mentaux graves, principalement avec un diagnostic dans la lignée des psychoses, des troubles de l’humeur ou des troubles anxieux graves. En plus du diagnostic principal, les personnes doivent être en besoin de services de réadaptation psychosociale dans leur milieu de vie ou être sur le point de retourner vivre en logement autonome.

Le SIV vise donc à soutenir et accompagner les personnes afin qu’elles développent les compétences nécessaires pour vivre une vie satisfaisante dans la communauté et poursuivent leur processus de rétablissement. Selon le PASM (2015-2020), leur prévalence serait de 250 personnes par 100 000 de population.

Comment déterminer les personnes ayant besoin de SIV? En premier lieu, il doit y avoir un besoin de réadaptation psychosociale relié à l’état mental de la personne. Les besoins peuvent être de nature sociale, d’intégration dans la communauté, monétaire, etc. La grille d’évaluation des besoins dans la communauté permet d’illustrer les besoins auxquels le programme SIV peut répondre (voir section offre de services).

Comment distinguer ceux qui pourraient bénéficier d’une intensité variable de ceux pouvant recevoir un suivi moindre? Tout d’abord, la première question à se poser concerne le lieu des rencontres. La personne doit-elle être vue dans la communauté ou peut-elle être rencontrée dans nos bureaux? Les personnes en besoin de SIV sont souvent en déni de la maladie et peu enclines à aller chercher des services. Il est donc important d’aller dans leur milieu afin de les engager dans une démarche d’aide. De plus, certaines personnes vont se rendre à nos bureaux, mais seront incapables de bien traduire leur réalité. Pour elles, souvent tout va bien, alors que la réalité est tout autre. Le logement est proche de l’insalubrité, le frigo presque vide, les comptes impayés… il devient donc important d’aller dans la communauté afin de mieux comprendre la réalité de la personne et d’être en mesure de percevoir des signes de décompensation.

La deuxième question concerne la durée et l’intensité à offrir. Les personnes bénéficiant du SIV vont nécessiter entre 2 et 7 rencontres par mois pour une durée prolongée, soit plus de trois mois. Le SIV n’est donc pas un programme qui répond à des besoins ponctuels, mais bien un soutien qui va accompagner la personne avec intensité pendant plusieurs mois, voire plus d’une année. La durée des suivis est de plus ou moins deux ans en moyenne.

Les comorbidités associées au trouble mental grave

Une grande majorité des personnes suivies au SIV combineront aussi plusieurs difficultés en comorbidité.

Il faut donc s’attendre à y retrouver une proportion de personnes ayant des problèmes d’abus de substances ou des difficultés avec la justice. Les personnes avec un trouble de la personnalité peuvent être acceptées au SIV, si le trouble s’accompagne d’un diagnostic dominant énuméré au point 2 ou si le niveau de dysfonctionnement est tel que la personne requiert des services de réadaptation (SIV) et non une thérapie afin de l’aider à structurer à court terme ses besoins de base et l’orienter vers les services appropriés de 1re ou 2e ligne. De plus, pour les personnes vieillissantes, plusieurs difficultés physiques et émotionnelles peuvent se combiner au trouble mental grave. Il est donc essentiel de s’assurer que l’intensité offerte vise à répondre au besoin de santé mentale et non à d’autres problématiques associées au vieillissement. Une personne âgée qui a peur d’aller à l’épicerie à cause d’un délire paranoïaque sera aidée par le SIV. Une personne ayant une santé mentale stable, mais des maux physiques l’empêchant d’aller à l’épicerie n’est pas une candidate pour le SIV.